WHAT IT TAKES

Raaahahh. La BIG DATA.  La quantification est un exercice excitant, pour ne pas dire métaphysique. Les analystes statisticiens en ont fait leur métier et vendent leurs savoir-faire très cher à des gens, paraît-il, très intelligents. Appliqué à la fantasy, ça devrait marcher aussi, alors j’ai essayé.

Démonstration.

A la question « tu fais quoi dans la vie », il y a mille manières de répondre. Bien sûr, on peut tout à fait dire : « je suis écrivain », ou « je relate des faits divers de sorciers ». Il est également tout à fait possible de donner un aperçu plus concret en précisant « j’établis un pont anthropologique effectif entre la société moderne et ses archétypes primitifs en ré-évaluant la puissance du mythe et sa pénétration dans l’imaginaire collectif ». (Mais bon, c’est une option à se réserver quand on est en retard chez le dentiste et qu’on veut vraiment couper court à la conversation…)
Ceci étant dit, aucune de ces réponse ne fait naître à l’esprit d’images vraiment très parlantes. Il manque ici pour être évocateur un élément essentiel qui est : le contexte. L’interlocuteur ne visualise pas aisément l’expérience du quotidien d’écrivain. Il n’a rien à se mettre sous la dent comme informations croustillantes : pas de  concret, de palpable, de visualisable. Pas de crounchy quoi.

La Big Data, à l’inverse, c’est tout ça. Du fait, du réel, du dur. Ce sont les pépites de chocolat dans le granola, la croûte au fromage de la pizza, l’exemplaire de Voici dans la pile de Notre Temps chez le coiffeur.

La data, c’est quand je précise que je viens de pondre 390 000 signes dactylographés. Quand j’ajoute que ça correspond à environ 123 pots d’Häagen Dazs de 85 grammes, soit l’équivalent d’un pot tous les deux jours englouti devant mon ordinateur sur l’espace de 276 jours ouvrés. Tout de suite, on commence à entrevoir un peu mieux ce en quoi consiste ma dure journée de labeur non ?
Admettons que je précise que sur la même durée, cela représente 2.356 enlèvements de chat installé sur le clavier pour le déposer à côté, 876 ongles rognés, 654 heures passées à glander sur le net, 132 cheveux arrachés, 198 gros mots très grossiers proférés à l’égard des dieux et du fausses bonnes idées, 28 relectures à la recherche de fautes soit plus de 4500 pages (et il y en a encore) que tu connais par coeur, 56 tout nouveaux mots découverts (mais tu ne sais plus où tu les as notés), 84 réveils brutaux en pleine nuit pour noter un truc que t’as déjà oublié, 18 carnets entamés mais pas finis… alors là, mon interlocuteur se glisse doucement dans mon fauteuil et comprend un peu mieux mon quotidien.

Il y a des milliers de façons du coup d’aborder et de raconter le quotidien avec des chiffres et des données. On peut même ensuite en faire des petits tableaux illustrés plein de couleurs et de dessins et ça donne ça :

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